À 8h47, depuis mon bureau de Lutterbach, en banlieue de Mulhouse, j’ai lancé un envoi SMS groupé pour Le Fournil du Ried. Je suis Clara Veyrier, consultante en entrepreneuriat et rédactrice spécialisée en économie locale. J’avais 120 contacts déjà connus, importés depuis Excel. Mon mug ébréché était encore tiède, et la vibration du téléphone a fait glisser mon stylo sur le carnet bleu avant que je referme l’ordinateur.
Le protocole du test
Je n’ai pas monté de campagne. J’ai gardé un seul SMS, envoyé à 120 numéros, avec l’horaire 8h47 et la mention de l’ouverture exceptionnelle. Avant l’envoi, j’ai vérifié trois points : les doublons, le nom d’expéditeur et la longueur autour de 160 caractères en GSM-7. J’ai retiré un accent pour éviter le basculement en Unicode. J’ai aussi gardé 12 contacts témoins, 6 pour 8h47 et 6 pour 11h10, afin de comparer le retour immédiat et le retour décalé.
Ce que j’ai observé dans les 24 heures
Les deux premiers retours sont arrivés dans les minutes qui ont suivi. Une cliente m’a répondu par SMS. Un autre client a appelé pour vérifier si l’ouverture commençait bien à 8h47. Dans la première heure, j’ai compté 9 réponses utiles sur les 120 envois. Ce chiffre m’a surprise, parce que je m’attendais à un retour plus mou.
Le seul vrai défaut venait de la base. J’ai retrouvé un doublon importé d’Excel, puis une ligne avec un espace de trop dans le numéro. Le message, lui, restait clair. J’ai eu un doute quand une cliente m’a signalé avoir reçu le SMS deux fois. J’ai rouvert la liste sur mon écran 13 pouces, juste à côté de la fenêtre entrouverte sur l’avenue de Colmar, et j’ai vu l’erreur tout de suite.
J’ai aussi noté que le message tenait parce qu’il restait court. À 160 caractères, il passait sans casse. Un accent de trop ou un emoji aurait suffi à le faire partir en 2 segments. Je l’ai vérifié en direct sur le tableau de bord, avec les statuts livrés et non délivrés qui s’actualisaient au fil des minutes.
Mon verdict
Pour une clientèle déjà connue, le SMS court a bien fonctionné. Pour une campagne promotionnelle large, je le déconseille. Dès que la base n’est pas propre, ou que le texte dépasse 160 caractères, le canal perd son intérêt. J’ai gardé en tête les repères de la CNIL et les recommandations relayées par la CCI Alsace Eurométropole, parce qu’un consentement mal géré coûte plus cher qu’un message raté.
Je referais ce test pour une ouverture, un retard ou un rappel de rendez-vous. Je ne le referais pas pour vendre large ni pour rattraper une liste sale. Au final, à Le Fournil du Ried comme dans d’autres commerces de proximité, le timing et la qualité de la base ont pesé plus lourd que le texte. Et c’est bien pour cela que je reste prudente avant d’en faire une routine.



